Conseiller en crédit immobilier recevant un couple d’acheteurs

Courtier en mashkanta (yoets) : à quoi il sert, combien il coûte

En Israël, c’est l’emprunteur qui compose son prêt et met les banques en concurrence. La plupart des acheteurs n’ont ni le temps, ni l’hébreu, ni les contacts pour le faire bien. Le yoets mashkanta le fait pour eux, contre des honoraires qu’il rembourse en général plusieurs fois. Voici ce qu’il fait vraiment, ce qu’il ne fait pas, ce qu’il coûte, et comment éviter les mauvais.

La réponse en bref

Le yoets mashkanta (courtier, littéralement « conseiller en mashkanta ») monte votre dossier, compose la répartition entre paniers, dépose la demande dans trois à cinq banques et négocie les marges et les frais. Il coûte 6 000 à 15 000 ₪, ou 0,5 à 1 % du prêt, payés par vous (les banques ne le rémunèrent pas). Il fait gagner en général 0,2 à 0,4 point sur le taux global, soit 50 000 à 100 000 ₪ sur un prêt de 1,5 M₪ sur 25 ans, et surtout il obtient des accords là où une banque seule refuse. Indispensable pour un non-résident, un indépendant, un financement à 70-75 % ou un achat sur plan. Exigez une licence de l’Autorité des marchés de capitaux.

Les chiffres à retenir, novembre 2026

Honoraires forfait
6 000–15 000 ₪
Ou en % du prêt
0,5–1 %
Gain de taux typique
0,2–0,4 pt
Sur 1,5 M₪ / 25 ans
≈ 50–100 k₪
Banques consultées
3–5
Accord de principe
48–72 h

Ce que fait un courtier en mashkanta

Son travail commence bien avant la banque et finit après le déblocage.

  1. Il qualifie votre capacité d’emprunt. Plafond de financement selon votre statut, taux d’effort, âge, revenus pris en compte (et à quel pourcentage), apport documenté. Il vous dit, avant de chercher, quel prix de bien est finançable. Beaucoup d’acheteurs découvrent ici que leur budget est 10 à 15 % plus bas, ou plus haut, que ce qu’ils pensaient.
  2. Il prépare le dossier au format que chaque banque attend : pièces, traductions, formulaire de déclaration de revenus, chaîne de justificatifs de l’apport (anti-blanchiment). Un dossier complet dès le premier dépôt, c’est deux à trois semaines de gagnées.
  3. Il compose les paniers. C’est le cœur du métier : combien en prime, combien en fixe non indexé, combien en indexé, sur quelles durées, en fonction de votre horizon (revente, héritage, alya, retraite) et de votre tolérance au risque. Il respecte la règle du tiers fixe et optimise le taux d’effort au moment du calcul bancaire.
  4. Il dépose la demande dans trois à cinq banques simultanément, et obtient un accord de principe (ishur ekroni) en 48 à 72 h là où un particulier attend souvent une à deux semaines, parce qu’il a un interlocuteur dédié dans chaque banque.
  5. Il négocie. Marge sur le prime, taux des fixes, frais d’ouverture de dossier (souvent ramenés à zéro), conditions de remboursement anticipé. Il fait jouer une offre contre l’autre, chiffres en main.
  6. Il coordonne l’expertise, les assurances (et vous oriente vers une délégation moins chère que celle de la banque), la signature, et le calendrier de déblocage avec votre avocat pour que l’argent arrive avant chaque échéance du contrat.
  7. Il reste disponible après : pour un remboursement anticipé, un michzur quand les taux baissent, ou une seconde acquisition.

Ce qu’il ne fait pas

  • Il ne prête pas : c’est la banque qui décide, et aucun courtier ne peut dépasser les plafonds de financement de la Banque d’Israël (75 / 70 / 50 %).
  • Il ne vérifie pas le bien : titre de propriété, hypothèques existantes, permis, dettes, tout cela relève de l’avocat immobilier. Un courtier qui vous dit « le bien est propre » parle de l’expertise bancaire, pas du tabou.
  • Il ne conseille pas fiscalement : mas rechisha, résidence fiscale, déclaration du bien dans votre pays d’origine sont du ressort de l’avocat ou d’un fiscaliste (voir Shekel Guide pour la fiscalité israélienne).
  • Il ne choisit pas à votre place le niveau de risque : il propose deux ou trois mix, vous tranchez. Méfiez-vous de celui qui n’en propose qu’un.
  • Il ne garantit pas un taux : les offres de banque tiennent 12 jours, et une décision de la Banque d’Israël peut tout déplacer.

Quand un courtier est indispensable, et quand il est optionnel

Indispensable

dossiers hors cadre
  • Non-résident : revenus en devises, signatures à l’étranger, banques qui prêtent ou non selon la semaine.
  • Indépendant ou revenus variables : la lecture des bilans change d’une banque à l’autre.
  • Financement à 70-75 % avec un taux d’effort entre 35 et 40 % : chaque dixième de point compte.
  • Achat sur plan : déblocages échelonnés sur deux ou trois ans, prêts à tirage, coordination avec l’échéancier promoteur.
  • Dossier avec un accident : chèque refusé, crédit à la consommation récent, divorce, dette fiscale.

Très utile

gain net probable
  • Olé récent sans historique bancaire israélien.
  • Couple dont l’un des deux ne parle pas hébreu.
  • Prêt supérieur à 1,5 M₪ : 0,2 point représente déjà 50 000 ₪.
  • Michzur d’un prêt de 2022-2024.

Optionnel

vous pouvez le faire seul
  • Résident salarié, hébréophone, financement sous 60 %.
  • Prêt inférieur à 600 000 ₪.
  • Relation ancienne avec une banque qui vous veut.
  • Du temps pour déposer vous-même dans trois banques et comparer.

Dans le premier cas, la question n’est pas « combien coûte le courtier » mais « combien coûte son absence » : un non-résident qui dépose seul dans une banque obtient fréquemment P − 0,3 et un fixe à 5,5 %, là où un courtier spécialisé sort P − 0,6 et 5,1 %. La différence est détaillée sur la page mashkanta pour non-résidents. Un olé sans historique bancaire israélien est dans la même situation, avec un plafond plus haut : voir mashkanta pour olim. Et avant de chercher un courtier, vérifiez que votre apport suffit : quel apport faut-il pour acheter.

Honoraires : ce qui se pratique

Honoraires observés, novembre 2026, TVA 18 % incluse sauf mention
FormuleMontantPour quiQuand on paie
Forfait dossier standard6 000–9 000 ₪Résident salarié, prêt < 1,5 M₪Acompte 1 000–2 000 ₪, solde au déblocage
Forfait dossier complexe9 000–15 000 ₪Non-résident, indépendant, sur plan, michzurIdem
Pourcentage du prêt0,5–1 % HTPrêts > 2 M₪, montages à plusieurs banquesAu déblocage
Au succès uniquement8 000–15 000 ₪Proposé par certains cabinets ; rien si pas d’accord bancaireAu déblocage
Consultation seule (relecture d’une offre, conseil sur le mix)500–1 500 ₪Vous déposez vous-mêmeÀ la consultation

Trois choses à savoir. Les banques israéliennes ne rémunèrent pas les courtiers : il n’y a pas de commission cachée, ce qui est une garantie d’indépendance, mais aussi la raison pour laquelle vous payez. Les honoraires doivent figurer dans un mandat écrit signé avant tout dépôt, avec le périmètre (nombre de banques, suivi jusqu’au déblocage, michzur inclus ou non). Et le courtier ne peut pas être payé par le promoteur ou l’agence qui vous l’a recommandé sans vous le dire : demandez-le.

L’économie typique, chiffrée

Le gain d’un courtier vient de trois sources qui s’additionnent : la mise en concurrence (0,1 à 0,3 point), la composition des paniers (le bon mix pour votre horizon, difficile à chiffrer mais souvent le plus important) et les frais annexes (dossier bancaire, assurances). Voici l’effet du seul gain de taux.

Prêt de 1 500 000 ₪ sur 25 ans, résidentComparaison d’un dossier déposé seul dans sa banque et du même dossier négocié dans trois banques par un courtier
Taux moyen pondéré obtenu seul (mix ⅓ / ⅓ / ⅓)≈ 5,0 % équivalent non indexé
Taux moyen pondéré obtenu via courtier≈ 4,7 % (− 0,3 pt)
Mensualité seul≈ 8 770 ₪
Mensualité via courtier≈ 8 510 ₪ (− 260 ₪ / mois)
Économie d’intérêts sur 25 ans≈ 78 000 ₪
Frais de dossier bancaire négociés (0,25 % → 0)≈ 3 750 ₪
Assurance vie en délégation au lieu de la banque (− 50 ₪ / mois)≈ 15 000 ₪
Gain brut≈ 96 000 ₪
Honoraires du courtier− 10 000 ₪
Gain net≈ 86 000 ₪, soit 8,6 fois les honoraires

Sur un prêt de 700 000 ₪, le même raisonnement donne un gain net de 30 000 à 35 000 ₪ : toujours positif, mais le ratio tombe à trois ou quatre fois les honoraires. En dessous de 500 000 ₪, la consultation seule (500 à 1 500 ₪) est souvent le meilleur rapport. Pour tester vos propres chiffres, le simulateur de mashkanta permet de comparer deux taux sur la même durée.

Courtier ou banque directe : le tableau

CritèreBanque directeCourtier (yoets)
CoûtGratuit (hors frais de dossier ≈ 0,25 %)6 000–15 000 ₪, frais de dossier souvent négociés à zéro
Nombre d’offresUne, à moins de refaire le dossier ailleursTrois à cinq, en parallèle
Délai d’accord de principe5 à 14 jours48 à 72 h
Composition des paniersProposée par le conseiller de la banque, dont l’objectif est aussi la marge de la banqueConstruite pour vous, à partir de votre horizon
NégociationPossible, mais vous ne connaissez pas les marges du marché cette semaineChiffres de trois banques en main
Dossier atypique (non-résident, indépendant)Refus fréquent, sans explicationOrienté vers la banque qui accepte ce profil
LangueHébreu ; quelques agences francophones (Jérusalem, Netanya, Ashdod)Courtiers francophones dans toutes les grandes villes
Suivi après signatureService client de la banqueLe même interlocuteur, pour un michzur ou un remboursement
Conflit d’intérêtsStructurel : le conseiller vend les produits de sa banqueNul si le courtier est payé uniquement par vous ; à vérifier

Un compromis fréquent : faire qualifier le dossier et composer le mix par un courtier, puis déposer vous-même dans votre banque historique en plus de ses trois banques. Si votre banque s’aligne, vous gardez la relation ; sinon, vous savez ce que vous perdez.

Comment choisir son courtier

  • La licence. Depuis 2023, le conseil en crédit exige une licence de l’Autorité des marchés de capitaux (rishayon yoets ashrai) et une assurance responsabilité professionnelle. Demandez le numéro et vérifiez-le sur le registre public. Un courtier non licencié n’a aucune obligation de loyauté envers vous et aucune assurance si son conseil vous coûte de l’argent.
  • L’indépendance. Il est payé par vous et par personne d’autre : ni commission bancaire (illégale), ni rétrocession d’un promoteur ou d’une agence. Un courtier « gratuit » proposé par un promoteur est payé par le promoteur, et son intérêt est que la vente se fasse, pas que vous empruntiez au mieux.
  • Les banques traitées. Il doit déposer dans au moins trois des cinq grandes banques et savoir vous dire laquelle est agressive cette semaine sur votre profil. Un courtier qui n’envoie que dans une banque est un apporteur d’affaires, pas un courtier.
  • Le volume et la spécialité. Combien de dossiers par mois, et combien de votre type (non-résident, indépendant, sur plan) ? Un courtier qui fait vingt dossiers de résidents salariés par mois peut ne pas connaître la mécanique d’une signature à Paris avec apostille.
  • La transparence du mandat. Honoraires, périmètre, calendrier, ce qui se passe en cas de refus. Par écrit, avant le premier dépôt.
  • La méthode. Il doit vous présenter deux ou trois mix avec, pour chacun, la mensualité de départ, le coût total et la mensualité en cas de hausse des taux ou de l’inflation. S’il ne parle que de « taux », changez.

Les drapeaux rouges

Un seul de ces signaux justifie d’aller voir ailleurs.

  • Pas de numéro de licence, ou refus de le donner.
  • « Gratuit pour vous » : quelqu’un paie, et ce quelqu’un n’a pas vos intérêts.
  • Un seul mix proposé, sans scénario de hausse des taux ni de l’inflation.
  • Une forte part indexée présentée comme « le taux le plus bas », sans explication sur le madad. C’est le moyen classique de faire passer un taux d’effort trop élevé.
  • Une seule banque contactée, toujours la même.
  • Des honoraires en pourcentage du prêt sans plafond sur un dossier simple : 1 % de 2,5 M₪, c’est 25 000 ₪ pour un travail qui en vaut 10 000.
  • Pression pour signer le contrat de vente avant l’accord de principe : l’ordre est l’inverse.
  • Promesse d’un taux avant d’avoir vu votre dossier.
  • Lien non déclaré avec l’agence, le promoteur ou l’avocat qui vous l’a recommandé (la même règle d’indépendance vaut pour l’avocat : voir comment choisir son avocat immobilier).

Les dix questions à poser avant de signer le mandat

  1. Quel est votre numéro de licence de conseiller en crédit, et par qui êtes-vous assuré ?
  2. Qui vous paie, en dehors de moi ?
  3. Dans quelles banques déposez-vous mon dossier, et pourquoi celles-là ?
  4. Combien de dossiers comme le mien avez-vous traités ces douze derniers mois ?
  5. Quels sont vos honoraires, à quel moment, et que se passe-t-il si aucune banque n’accepte ?
  6. Quelle capacité d’emprunt estimez-vous pour moi, et sur quelle base ?
  7. Quels mix de paniers me proposez-vous, et que devient ma mensualité si le prime monte de deux points ou si l’inflation passe à 4 % ?
  8. Quels frais bancaires pensez-vous pouvoir faire sauter ?
  9. Comment coordonnez-vous le calendrier de déblocage avec mon avocat ?
  10. Me suivez-vous pour un michzur si les taux baissent, et à quel tarif ?

Les réponses s’évaluent à l’aune de la page taux de mashkanta aujourd’hui : un courtier qui annonce P − 1,2 ou un fixe à 4,2 % en novembre 2026 vous raconte une histoire. Et avant de parler financement, vérifiez le budget total de l’opération sur la page tous les frais d’un achat : le courtier est une ligne parmi d’autres.

Questions fréquentes

Un courtier en mashkanta est-il obligatoire ?

Non. Vous pouvez déposer votre dossier directement dans une ou plusieurs banques. Un résident salarié, hébréophone, avec un financement sous 60 % et du temps devant lui, peut obtenir seul un bon résultat. Le courtier devient utile dès que le dossier sort de ce cadre : non-résident, indépendant, financement à 70-75 %, achat sur plan, ou simplement absence de temps et d’hébreu.

Combien coûte un courtier en mashkanta ?

Entre 6 000 et 15 000 ₪ TTC pour un dossier standard, ou 0,5 à 1 % du montant emprunté pour les gros prêts ou les dossiers complexes. Certains facturent un acompte de 1 000 à 2 000 ₪ à la signature du mandat et le solde au déblocage ; d’autres uniquement au succès. Les banques ne rémunèrent pas les courtiers en Israël : vous êtes son seul client.

Combien fait-on vraiment économiser avec un courtier ?

Sur un prêt de 1,5 M₪ sur 25 ans, un gain de 0,3 point sur l’ensemble du prêt représente environ 260 ₪ par mois et 78 000 ₪ sur la durée, pour des honoraires de 8 000 à 12 000 ₪. Le gain vient de trois sources : la mise en concurrence des banques, la composition des paniers et la négociation des frais annexes. Il est plus élevé pour les dossiers que les banques jugent risqués.

Le courtier peut-il obtenir un prêt refusé par ma banque ?

Souvent, oui. Les banques n’ont pas toutes le même appétit au même moment, et un dossier refusé par l’une pour un taux d’effort à 42 % peut passer dans une autre avec un mix différent ou une durée allongée. Le courtier sait quelle banque accepte quoi cette semaine. Il ne peut en revanche rien contre un plafond de financement de la Banque d’Israël.

Faut-il un courtier licencié ?

Depuis 2023, l’activité de conseil en crédit est encadrée par l’Autorité des marchés de capitaux : le courtier doit détenir une licence de conseiller en crédit et une assurance responsabilité. Demandez le numéro de licence et vérifiez-le sur le registre public de l’Autorité. Un courtier non licencié n’a aucune obligation de loyauté envers vous.

Un courtier français peut-il m’aider à acheter en Israël ?

Pas pour la mashkanta elle-même : les banques israéliennes ne traitent qu’avec des courtiers israéliens. Un courtier français est utile pour mobiliser un bien existant en France (prêt hypothécaire, rachat de crédit) et financer l’apport. Beaucoup d’acheteurs combinent les deux.

Comment nous travaillons

Chaque montant, barème et taux de cette page est vérifié sur la source officielle citée en bas de page et daté. Quand un barème ou un taux change, la page est mise à jour dans les jours qui suivent. Notre méthodologie.

Sources

  1. Autorité des marchés de capitaux, assurances et épargne – licence de conseiller en crédit et registre public
  2. Banque d’Israël – supervision des banques, directives sur les prêts au logement
  3. Kol Zchut – conseil en mashkanta et droits de l’emprunteur
  4. Mizrahi-Tefahot – procédure de demande de mashkanta et documents

Être mis en relation avec un courtier francophone

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